De l’addiction à l'existence

Mis à jour : 28 août 2019

Je me suis souvent posée la question de ce qu’était une addiction. De la plus socialement acceptée (l’addiction à mon téléphone portable ou à la nourriture) à celles considérées comme plus graves (les drogues dures, l’alcool), les addictions prennent de plus en plus de place dans nos vies… Alors qu’il semblerait que nous soyons capables d’en expliquer tous les mécanismes !


Nous savons expliquer le mécanisme de l’addiction depuis longtemps. Et pourtant, le phénomène ne fait qu’augmenter dans nos sociétés.


Dans sa conférence en ligne sur la plateforme TedX, le journaliste Johann Hari nous parle de ses recherches sur la question. Celui-ci fait la découverte que nous nous trompons sur la façon dont nous envisageons la question de l’addiction. Voici ce qu'il nous explique.


La tendance générale


Nous avons tendance à penser que l’addiction à un produit ou un autre est une histoire de dépendance chimique. Nous deviendrions ainsi dépendants aux composants chimiques du sucre, de la nicotine, de la dopamine (générée par l’utilisation des réseaux sociaux par exemple), ce qui implémenterait l’addiction dans notre quotidien par désir de retourner à la sensation chimique connue.


Nous pensons donc que le problème de l’addiction est un problème de dépendance au produit, quel qu’il soit. Or, les études montrent qu'il n'en est rien.


Dans les années 70, Peter Alexander, psychologue néo-zélandais, reprend une expérimentation fameuse, dans laquelle des rats placés dans des cages vides sont exposés à, au choix, une bouteille d’eau simple, et une bouteille d’eau mélangée à des composants d’héroïne. Dans cette expérience datant des années 20 aux Etats-Uni, il est montré que les rats préfèrent toujours l’eau droguée et finissent par se tuer par consommation excessive. Mais le professeur Alexander retourne le problème et s’interroge… sur la nature de la cage.


Changement de cage


Il propose de reconduire la même expérience, mais dans un environnement riche et épanouissant pour les rats en question : beaucoup de jeux, de la nourriture satisfaisante, des partenaires, des interactions sociales en quantité, la possibilité de rapports sexuels spontanés, et une grande liberté. Les deux bouteilles sont mises à disposition : les rats ne touchent plus à l’eau droguée. Le pourcentage passe de presque 100% d’overdose dans la cage vide à 0% dans le contexte d’une vie heureuse et connectée.


Alexander réalise alors : et si l’addiction n’était pas une histoire de dépendance chimique, mais une histoire de rapport à son environnement ?


Le faux paradigme du sujet isolé


Nous avons tendance à penser l’être humain comme un sujet isolé ; isolé des autres, coincé dans sa subjectivité. Ainsi, nous pourrions comprendre nos « problèmes psychologiques » à l’aide d’une introspection de soi à soi, pour ensuite « faire des efforts » pour nous en débarrasser par la volonté. Nous pensons qu’une personne « a un problème », telle qu'une addiction, et qu’elle doit être considérée séparément du reste pour pouvoir le régler.


Mais notre existence nous dit le contraire en permanence !

Nous ne sommes rien sans l’environnement qui nous inclut. Nous faisons partie d’un écosystème qui est notre existence : les gens que nous côtoyons, l’endroit dans lequel nous vivons, les projets que nous menons, les perspectives que nous avons…


« Nous ne sommes pas des malades, nous sommes des maladroits » disait François Roustang.


Penser l’individu comme un malade psychologique, c’est le réduire à un diagnostique mortifère et enfermant. C’est confondre le produit et l’environnement. Le penser comme un élément d’un écosystème au sein duquel il peut chercher à retrouver sa juste place, c’est lui rendre sa liberté.


L’addiction, comme tout « problème » que l’on peut rencontrer dans sa vie, n’est pas séparé de la vie. Il est une expression d’une souffrance dans la vie. Et la guérison ne peut venir qu’en prenant en considération la vie elle-même.


L'hypnothérapie est l’espace au sein duquel l’on vient se remettre en rapport à la source de notre existence. Elle n’est pas l’espace d’un analyse de problème psychologique. Elle est l’espace dans lequel nous pouvons retrouver notre propre et décider de grandir avec.


C'est pour cette raison que l'hypnothérapie est particulièrement recommandée dans les cas d'addiction.


Parce qu'elle remet la personne en rapport à son écosystème, elle peut ouvrir la voie vers un véritable changement, qui prend en compte tous les aspects de l'existence. 


Hypnose à Genève, Hypnose ericksonienne, Marie Duboule


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